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Story # 9 : Le jour où j'ai compris qu'expatriation rimait avec introspection. 

Ecrit avec amour et humour le 16.11.2016

L’expatriation

chamboule

tout.

Elle te chamboule, toi et ta vie. Ta vie change et toi aussi.

 

"Exploration intérieure"

"Voyage Initiatique"

"Cheminement personnel"

"Connaissance de soi"

Tout a démarré le jour où j’ai traversé l’Atlantique. Le Canada ne m’a jamais fait rêver. J’ai pu lire que plusieurs personnes avaient l’envie d’y vivre et de s’y installer. Pas moi. Dix ans en arrière, je n’aurai même pas parié un Euro sur ma future expatriation. Pourquoi faire ? Je ne suis pas folle au point de vouloir quitter Paris pour…..VanQuoi ?! Vancouver ?! Mais c’est où ça, au Canada ?!

 

Je vous l’assure, je ne connaissais pas cette ville. J’en avais brièvement entendu parler pour ses JO d’Hiver mais rien qui fasse rêver ou qui donne envie de poser ses valises. J’aurai pu décider de partir n’importe où : Nouvelle Zélande, Amérique du Sud, Japon ou Bordeaux (non, c’est une blague)…

 

« Mais pourquoi tu vas à Vancouver ?! »

« Je le saurai une fois là-bas. »

 

C’est la seule réponse que j’avais. Je ne savais pas vraiment pourquoi Vancouver, j’ai juste suivi mon intuition. Je n’ai pas quitté la France pour cause de licenciement, rupture amoureuse ou inflation des impôts. Je suis partie pour une raison de santé. Pas de santé physique, mais pour une raison de santé mentale.

 

Rester et tomber malade. Partir était mon seul remède.

 

J’avais bien conscience qu’en choisissant de m’envoler vers l’inconnu, ma vie allait à contre-sens de ce que la société attendait de moi: S’alléger à l’heure où il faut devenir propriétaire, quitter son travail au moment où tu dois signer ton CDI, partir seule et célibataire à l’âge où tu dois être maman de deux enfants. Contre-sens, vous avez dit ?! Difficile de vivre sa vie différemment lorsque tu es entourée de personnes que tu aimes, mais qui ont fait le choix de vivre cette vie-là, leurs vies ne sont pas la mienne. Je me suis rendu compte que ma singularité était devenue ma force.

 

En partant, j’étais libre d’exprimer qui j’étais, libre de vivre cette nouvelle vie que j’avais choisie. Et cette nouvelle vie, elle commence avec un nouveau toi.

 

Toi et toi seule.

L’expatriation, c’est être seule face à soi-même. Je n’ai plus mes repères, mes habitudes, mon entourage, rien derrière lequel je peux me cacher. Je suis face à moi. S’envoler vers l’inconnu, c’est effrayant, mais c’est aussi avant tout un moyen de découvrir sa force intérieure. La sécurité, c’est toi. La stabilité, c’est toi. Tu es la CAPITAINE du bateau, ne l’oublie pas ! Tous les jours, je découvre ce que j’ai à l’intérieur de moi, au plus profond, ce que j’ai toujours voulu cacher.

 

« Toi aussi, tu caches des choses ?! Dans ton cocon, ton quotidien, tes habitudes. »

 

Ici, je peux rien cacher.

Tout se dévoile et tout se révèle. Enfin. Mes peurs profondes, mes envies, mes projets secrets. Je ne peux mentir à personne et surtout pas à moi-même. Je me permets de faire ce que je n’aurai jamais pensé, ni osé faire en France : Prendre enfin soin de mon corps de femme, écrire mon film, travailler en tant que photographe, collaborer et m’associer dans des projets artistiques, pouvoir vivre de mes créations.

 

Avant de partir, je vivais ma vie sans me poser de questions. Sans me poser les VRAIES questions. J’étais trop occupée à vivre mon quotidien en n’écoutant pas cette petite voix intérieure. Rassurez moi, je ne suis pas la seule à entendre une petite voix intérieure ?! Vous savez cette voix qui vous souffle de ne pas oublier qui vous êtes et ce pour quoi vous êtes faits. De ne pas oublier de vivre vos rêves, celle qui vous donne confiance en vous et qui vous guide.

 

J’ai l’intime conviction qu’en s’écoutant, on réussit à faire de grandes choses. Au moment où j’ai pris la peine de m’écouter, j’ai su que je pouvais enfin CRÉER ma VIE. Celle pour laquelle je suis partie.

Partir a été la meilleure décision que j’ai prise. J’ai réussi à dépasser mes peurs profondes et aujourd’hui, me réveiller tous les matins à Vancouver est un vrai bonheur. Je n’ai pas la prétention de vouloir changer le Monde, j’ai juste envie de changer le mien.

Et c’est ce que j’ai fait, j’ai changé mon Monde. Mon Monde intérieur, celle que je suis.

 

« Mais pourquoi tu vas à Vancouver ?! »

« Pour me retrouver. Partir et me retrouver avec moi-même. »

 

Ce  n’est  pas  la  destination  qui  compte  mais  le  voyage : Son  voyage  intérieur.