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Story # 14 : Le jour où mon rêve d'expatriation s'est confronté petit à petit à la réalité. 

Ecrit avec amour et humour le 14.01.2017

Alors,

tu voulais la vivre ton aventure ?!

Et bien,

tu y es en plein

cœur.

Cinq mois d’expatriation, on ne va pas encore faire le bilan, c’est chiant. Situation précaire ou Sentiment de liberté quotidienne ?! Tout dépend du point de vue de chacun.

 

Je me souviens, l’expression de Mme Cazimir, professeur principal. Elle avait décrit mon bulletin trimestriel comme un « Canard boiteux ». Je n’avais pas compris sur le coup la subtilité (j’avais 12 ans), mais l’expression du « canard qui boite » m’a toujours marquée. Et cette expression ne m’a jamais quitté, car ma Vie comme mon bulletin scolaire comme mon quotidien est un peu à l’image d’un vulgaire animal à une patte.

HAUT et BAS.

Sécurité maximum ou Zone à haut risque.

Enthousiaste ou déprimée.

Inspirée ou incapable.

Excitée ou exténuée.

Créative ou bloquée.

17/20 et 6/20.

Pas besoin de prendre de cocaïne, je fais ma descente toute seule. Et à l’heure où je vous parle, je suis en descente. La pente que tu redoutes, mais que tu dois franchir malgré tout pour pouvoir avancer.

 

Rien n’est simple lorsque tu choisis d’immigrer à l’autre bout du monde. Depuis que j’ai posé mes valises à Vancouver, ma Vie est en confrontation constante entre le rêve que je me suis fait et la réalité que je vis. Des nuages au bitume. J’ai dû quitter mon oreiller pour m’envoler vers la réalité. MA réalité d'expatriée: Celle d’une jeune Française qui se fait claquer la porte au nez. Suis-je vraiment venue pour cela ? Est-ce que c’est ça qu’on appelle l’aventure vers soi ?! Ne jamais renoncer malgré les barrières ?! Être toujours aussi déterminée ?

 

Aie, j’ai mal à ma patte.

 

Mes rêves et mes espoirs se sont confrontés petit à petit à une réalité beaucoup moins magique que ce qu’elle paraît. Je savais que ce ne serait pas simple, mais depuis 5 mois, je suis toujours à la recherche de stabilité. Serait-ce moi la fautive de tout cela?! A trop imaginer en regardant le ciel sans faire attention à l’action et aux mouvements de mes pieds ?!

Je suis de celle qui s’émerveille de tout, qui croit toujours en sa bonne étoile, aux signes de la vie, aux coups de pouce du destin, celle qui prend la plupart de ces décisions spontanément et qui fonce envers et contre tout.

 

Est-ce que cette fois-ci la décision de partir était-elle la bonne ?! J’ai passé plus de vingt ans à construire ma vie, mes amitiés, ma vie professionnelle, mes habitudes, mon quotidien… pour me confronter tous les jours à la réalité d’une décision prise il y a plus de deux ans. Expatriée ou pas, je sais que la vie ne se déroule jamais comme on l’avait prévu mais, ma question est de savoir si je suis vraiment partie pour vivre au JOUR le JOUR ?!

Car oui, ce n’est pas un mantra, c’est une réalité. Je vis littéralement au jour le jour. Je ne sais pas ce qu’il va se passer le mois prochain ou pire la semaine prochaine. Je suis dans l’inconnu et dans tous les sens du terme.

Vais- je avoir un nouveau contrat ?!

Pourrais-je payer mon loyer ?!

Arriverai-je à trouver un nouvel appart avant la fin du Printemps ?!

Pourrais-je sur le long terme vivre en tant que Creative Director ?!

 

Je vis comme si cette journée était la dernière. Alors, vous trouvez ça excitant ou effrayant ?! Cela dépend de quel point de vue on se place. Ma vie est passée du stade sécurité à celui de très risqué, à l’heure où on est sensé accumuler argent et propriété.

 

La  réalité  c’est  que  s’expatrier, c’est  prendre  le  risque  de  tout  recommencer comme  si  ta  vie  passé  n’avait  pas  existé.

 

Tout réapprendre.

J’avais rêvé à une vie meilleure, à un vrai épanouissement, aux oiseaux qui chantent et à une troupe de danseurs qui m’accompagnerait dans la rue. Le Fantasme total de jeune fille. La réalité c’est que chaque jour, je me bats pour aspirer un peu plus à une stabilité tout en gardant une certaine liberté.

Un vrai défi au quotidien.  

J’ai l’impression de faire face à un mur qui m’empêche de voir ce qu’il se passe au-delà et en même temps, j’ai le sentiment qu’il ne suffit de rien pour le faire disparaître. Ai-je moi-même monté ce mur avec mes peurs et mon appréhension ?! Suis-je la seule à construire mes propres barrières ?!

 

Dois-je encourager mon rêve d'expatriation ou me confronter à ma réalité d'expatriée ?