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Story # 19 : Le jour où je suis devenue minimaliste sans le savoir. 

Ecrit avec amour et humour le 02.04.2017

Je suis désormais convaincue qu'aujourd’hui ce ne sont pas les meubles que tu possèdes qui définissent ton intérieur mais l’énergie que tu y mets au quotidien.

Un mois. 

Un mois que j’ai aménagé dans mon appartement.

 

Je ne vais pas vous mentir, à l’heure où j’écris ces mots, mon salon est encore à peine meublé. Mes quatre palettes de bois sont toujours en attente de devenir un canapé et mon pied d’appareil photo est lui, en attente du shooting sans cesse reporté. Vous pensez que j’exagère?!

A peine. 

Le seul endroit vivant et pratique de ma pièce principale est mon bureau qui sert à la fois de table à manger, table basse fourre-tout et accessoirement de table de travail où mon iMac y trône royalement. 

Mon appartement est lumineusement vide. Comment on fait quand on aménage dans son chez soi, étant fauchée comme les blés?! 

Et bien, on ne court pas chez IKEA déjà. 

Pour les plus chanceux dont je fais partie, on récupère des meubles de nos amies et amis d’amis (en sélectionnant les moins pires entre le vrai vintage poussiéreux et le mauvais goût des années 80) et tu te consoles de pas avoir un salon à la pointe de la mode en mangeant ton dernier sachet de nouilles chinoises. 

C’est vrai qu'assise seule avec mes deux valises au milieu de mon salon, ce n’est pas ce qu’on peut appeler l’épanouissement et l’enrichissement total. Et puis assise par terre, à force ça fait mal au cul et donne des fourmis au pied. 

 

En deux mots, ça ne fait pas rêver, quoi. Mais pour vous dire la vérité..... J’étais malgré tout, comblée.

 

Qu’importe de ne pas avoir le dernier fauteuil style rétro ou le canapé gris anthracite que tout le mode s’arrache. Le plus important, c’est d’être chez soi, non? 

Et enfin, tout s’autoriser: Se balader à moitié nue, laisser l’évier rempli de vaisselle, faire du playback sur les vieux tubes de Céline période JJG, pisser la porte ouverte, ne pas ranger son linge de la veille, passer deux heures dans son bain, danser dans son salon en pyjama et se prendre pour Beyonce… WE RUN THE WORD, GIRLS.

 

La vraie liberté avec les pieds sur terre. Ou sur la moquette grise de mon salon. Au choix.

 

Je regardais la couleur sable des murs style années 70 de l’appartement en imaginant déjà des cadres où photos, souvenirs de moments heureux et mots doux prendraient place. Aménager seule oui, mais avec tout ces sourires au quotidien. 

Ce serait mentir de dire que les premiers jours, l’envie de meubler comme une vraie hystérique ne m’a pas démangé. L’impatience est mon plus gros défaut. Dépensière aussi. 

Alors quand j’écoute les deux, on se retrouve souvent à acheter jusqu’à l’overdose. Mon appartement Parisien s’en souvient encore. Il se transformait toutes les années suivant les tendances déco et la réserve de mon crédit sur ma Carte Ikea Family. Un salon over-meublé, avec un mur peint en bleu puis framboise et enfin taupe. Une sorte de Valérie Damidot sous prosac.

 

Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire. 

Je suis amené à faire des choix, ce que je ne m’autorisais pas à faire avant. Pourquoi faire des choix quand je peux tout avoir et tout acheter?! Allez n’hésites pas, prends les deux. J’ai grandi, j’ai mûri, j’ai compris et j’ai surtout une carrière professionnelle qui démarre à peine à Vancouver. Ça m’a vite calmé et sauvé de la surconsommation de crédit à 19,7%. 

 

Alors oui, je n’ai pas de table basse, ma vaisselle est dépareillée, j’ai une casserole, une vielle bouilloire et pas de TV. Je bois dans des pots en verres et n’ai pas de micro ondes. 

Et alors? Faut-il être suréquipé pour être heureux chez soi ? Son intérieur doit il être débordant de richesse et de nouveauté pour s’y sentir bien? 

Ce n’est pas dans le montage de meuble au nom imprononçable que j’ai trouvé le bonheur mais, en créant jour après jour, mon univers avec peu. 

Ou disons-le, avec rien. Être créative dans son métier et l’être aussi dans sa vie. On pourrait qualifier mon intérieur de « Waooou, j’adore ce mélange de style un peu récup! » Mais en fait, c’est de la récup. De la récupération. La VRAIE. Les palettes de bois pour ne pas s’acheter un canapé à 500 dollars, un chaise de jardin en guise de fauteuil d’intérieur, une charmante petite table en bois généreusement donné à la place d’un Coffee Table hors de prix…

 

5 meubles dans mon salon. 

Qui dit mieux?!  

 

Je  pense  que  je  me  suis  pris  le  courant  minimaliste  en  pleine  face. Et  j’ai  absolument  rien  ressentis. 

 

Après m’être séparé de mes fringues (en même temps j’ai été inspiré vu la taille de mon dressing… Il rendrait Carrie Broadshaw maniaco-dépressive), j’ai décidé de ne pas m’encombrer une nouvelle fois. Ne pas faire cette erreur une nouvelle fois. 

Acheter, ACHeter et ACHETER. 

Ne pas acheter cette lampe car il en faut une sur la table près du canapé, ne pas acheter ces accessoires de cuisine car ils sont à 4 dollars seulement, ne pas acheter dix coussins pour envahir inutilement ma tête de lit… .

Ne pas encombrer mon appartement de meubles et autres objets inutiles. Ceux là même qui s’accumulent avec le temps, rapetissent nos tiroirs, envahissent nos étagères et prennent la poussière. 

 

Non, vous n’envahirez pas mon espace. Mon ESPACE DE VIE. 

 

Plus les jours et les semaines sont passées, plus je réfléchissais à ce dont j’avais vraiment besoin et non ce que la tendance me dicter d’acheter.

En même temps, je n’avais pas d’envie pressante, j’avais l'essentiel: Un matelas pour dormir, un pot en verre pour boire mon thé, une poêle pour cuire mes œufs et légumes poêlés, une chaise pour m’asseoir et un bureau pour travailler. Je n’ai besoin de rien d’autre pour avancer dans mes projets. Non, je mens.... si, j’ai besoin d’une chose!

 

Le SOLEIL traversant ma baie vitrée toute la journée..... Enfin, il va quand même falloir que je me fasse à l’idée que non, j’ai n'ai définitivement pas aménagé à L.A.