© 2016  ANDREA SAUNIER. All rights reserved

Week # 6 : De la première nuit à la dernière sonnerie. 

Ecrit avec amour et humour le 01.09.2017

Dans la vie d’une trentenaire célibataire, tout est une question de timing.

De l'horloge biologique

en ébullition aux montagnes Russes de l'émotion

Si exister, c’est se jeter dans le monde. A t-il fallu me jeter à corps perdu dans le monde, celui-ci virtuel pour exister à travers le désir de divers inconnus ? 

Les matins sont toujours très doux après la folle nuit du samedi. J'ai quitté les étoiles pour les nuages. Et puis vient la semaine... Attention, au bitume quand même. 

Plus trop de messages. A t-il déjà obtenu tout ce qu'il désirait de moi? A t-il eu ce qu’il a simplement voulu? Comment peut-on prendre autant de distance après avoir partagé autant d’intimité? Je ne connais pas son nom de famille mais je sais où est placé son grain de beauté. Il ne connait pas mon âge mais a parcouru mon corps de ses doigts attentionnés. 

 

Alors, ça se passe comment deux semaines après un date enflammé?

#readyForThePast

 

SAMEDI

J’en ai envie. Beaucoup trop, en fait.

Mon corps allongé au soleil anticipe déjà les nouvelles couleurs caramel et sur ma peau le goût du sel. En gentille fille avec la forte envie d’être désirée, je ne lui ai rien envoyé. Oui, mes amies m’ont bien éduqué. Laisse-le venir vers toi, les mecs adorent ça. Alors comme une poupée, j’ai attendu. Attendu sagement mon tour. Celle à qui on pense et à qui on écrit. La matinée, l’après-midi. Toute la journée. Sois patiente.

 

Provoque le désir chez l’autre. 

 

Et ce moment est arrivé. Le moment où après avoir appuyé sur ton téléphone des centaines de fois, tu as enfin son message qui apparait. Pire que l’excitation d’avoir son BAC en fin d’année.

J’existe. 

Je suis dans ses pensées, j'existe. La récompense pour mon gentil silence: Le texto, mieux qu’un gâteau.  Comme une enfant, je m’extasie pour trois mots écrit et une question à peine posée. Non, je ne réponds pas tout de suite. Même si j’en ai très envie. Allez, va te refroidir. Le Pacifique, lui n’attend que toi. 

 

Paraître cool et détachée. Fun mais pas trop délurée. Active mais pas trop sportive. Fine mais pas coincée. Distante mais pas désintéressée. Être toutes ces filles là mais non, ne surtout pas être toi. TOI, ça attendra. 

Chance d’avoir une réponse à mon message: 90%

Chance de se voir: 75%

Chance de finir la soirée ensemble: 50%

 

Comme le dis si bien Juliette Armanet dans ses jolies chansons:

« Un samedi soir plein d’espoir 

Je rentrerais peut être ce soir avec toi, va savoir

Samedi, ça me dit de te voir... Est-ce que ça te dit? »

 

Je suis prête. 

Prête à être déshabillée. Mais lui, ne l’a pas été. Gentleman fatigué ou menteur trop occupé. Je ne le saurai, hélas jamais. Une promesse de se voir la semaine prochaine en cadeau d’excuses. Qu’importe, ce soir là, c’est avec d’autres que j’ai passé la soirée à rire et à danser. Seule avec mes jambes nues et bronzées, je suis rentré. 

 

DIMANCHE

On fait comme si on attendait rien. Mais on en discute. Trop. Beaucoup trop

 

Qu’est ce que tu en penses ? 

A ton avis, ça veut dire quoi? 

Oui, c’est ce que je me dis aussi. 

Je ne sais pas, on verra bien. 

J’aurai peut-être pas du passer la nuit avec lui aussi rapidement ?! 

 

En fait, non ce n’était pas une option. Avec moi, je me rends compte que ça ne l’ai que rarement. C’est une nécessité. Une putain de nécessité. Le langage du corps avant celui des mots.

En disant cela, je sais que je vais choquer la plupart d’entre vous mais qu’importe, au moins deux s’y reconnaitront. Suis-je vraiment la seule à résonner comme ça?! Sérieusement? Désolée mais, je ne suis pas née dans les années 20 où seule, la nuit de noce te faisait jouir ou devenir cette femme frustrée à jamais. Adieu la liberté. Adieu le plaisir des corps aimantés. 

 

Je veux du choix et de la liberté. Connexion sentie, frisson garantit, on dit OUI. Sinon, à quoi bon? Passons. 

 

Je le sais, il existe des filles pour qui il est difficile de passer le cap de la chambre mais pour moi je dirai que cela est le contraire. Parler, c’est me dévoiler plus que de m’endormir à ses cotés. Se confier, c’est de l’ordre de l’intime. L’intimité des mots plutôt que celle des corps encore chauds. 

Je ne veux pas être moi-même face à n’importe qui. Me raconter. Partager. Dire qui je suis, d’où je viens, ce que je veux devenir. Non, très peu de personnes ont la clé. Désolée. 

 

Toi, à mon corps, tu y a eu accès mais mon seul problème en ce dimanche soir, c’est qu’à présent  j’ai de plus en plus envie, avec toi de me dévoiler. 

 

LUNDI

Y’a des lundis au soleil c’est vrai. Mais LÀ, le soleil c’est toi. Tu rayonnes. Tu t’en fous, t’es belle. Et tu plais. Tu souris à chaque regard croisés et te mords les lèvres à l’idée de les aborder. 

En deux mots, t’as le MODJO. 

Tu attends pour traverser et il vient te parler. J’aime ton look et tes cheveux lâchés. Merci, adorable les compliments en début de matinée. Tu fais quoi, tu pars bosser? T’es en vacances ou installée? Ici, ou un autre quartier? En moins de cinq minutes, nos profils Facebook était déjà échangés. Ah ouais, Andréa c’est de plus en plus rapide. Vas-y, lance une compétition! 

 

Portable en silencieux. Ne pas entendre pour ne pas espérer. Par contre, la tête n’est jamais sur OFF et les flashback eux non plus. Mes souvenirs deviennent des émotions, des scènes se transforment en séquences et finissent par en faire un film. Et quel film! Celui que l’on a toute en mémoire, celui que l’on aime imaginer. Celui que l’on se plait à fantasmer. Regarder. Faire pause. Revenir en arrière. Avancer et ne jamais arrêter de le regarder. 

 

« Andréa, tu as reçu une notification. » .... Ah bon, mais qui a osé me ramener à la réalité?! L’australien ou le Canadien de ce matin? 

Ouais, c’est ce que je pensais, arrête de rêver. 

 

MARDI

Tu te rassures. Tu trouves du réconfort, comme tu peux. Dans un Tchai tea Latte d’abord, puis avec tes amies bienveillantes et attentionnées. 

 

Il bosse beaucoup. 

Il n’est jamais connecté à internet. 

Il a peu de giga. 

Il a perdu ton numéro. 

Son portable est tombé à l’eau. 

Non, en fait c’est un gars tout simplement. Et en plus, un Australien. Accroche toi, bien. 

 

De  faux espoirs  en  vrais désirs , je m’allonge sur le canapé et attrape mon téléphone. Maintenant, il y en a marre. Besoin d’informations. On passe enfin à l’action. MISSION STALKAGE ENGAGÉE. Instagram connecté sur Tinder. Nom de famille trouvé. Profil Facebook espionné. C’était facile. Un peu trop même.

 

Il voyage, veut-il dire qu’il est ouvert d’esprit?!

Ses photos sont jolies, a t-il un côté artistique? 

Pas beaucoup de photos de fiesta, est-il si sérieux que ça? 

Aucunes filles n’apparait, a t-il eu des longues relations? 

Il aime le foot, ca compte bien moi aussi. 

 

… De vrais espoirs en désirs de moins en moins contrôlés. T’as l’apparence d’un mec bien, ne te manquerait-il plus que moi sur ta photo de profil ? Non, STOP. 

Mission terminée, ouais on est clairement en train de déraper. Allez, éteins tout et va te coucher. 

 

MERCREDI

Une semaine comme celle-là ne serait même pas digne d’un grand interêt si il n’y avait pas une soirée entres nanas. Car le remède, ce sont elles. Elles valent mieux que lui. On a joué comme des filles en se comportant comme des mecs. Pizza et vin. Confidences et moqueries.

Tinder et Love Story. 

 

« J’ai rencontré mon mec sur Tinder. Ca existe. Les histoires d’amour, ça existe. Bon c’est vrai, c’est un petit pourcentage mais c’est loin d’être impossible. » 

 

Tu espères de nouveau.

Tu y crois. Tu écoutes attentivement. Tu bois ses paroles. Tu retiens les différents conseils. Tu te convaincs que toi aussi, tu as droit à cette histoire qui sort de l’ordinaire. Celle qui rendra envieuse tes copines en soirée et donnera l’espoir aux acharnées. 

…. Et tu finis par lui envoyer un message. Rien de fou, simple et direct. Es-tu libre jeudi soir?! Pas d’inspiration, ni de mots mignons, juste de l’action. N’est-ce pas par elle que lui et moi avons eu notre première connexion?! Et maintenant?! T’as essayé la nouvelle application Bumble?!  Vas-y, c’est différent. Les filles ont le pouvoir sur celles-ci. En deux minutes, mon profil était créée et les premiers matches eux, résonnaient. Pas de Game Over à ce jeu là, tu gagnes des mecs à chaque fois. 

 

« C’est qui lui ?! Oui charmant. Vas-y like. »

« Non, mais regarde le mec m’a envoyé son sexe! Sérieusement! » 

« Bon, qu’est ce que je lui écris ?! »

«  Il veut que le rejoigne chez lui, il m’a pris pour une pute?! »

 

Si vous pensez que les soirées entres filles ne sont que pleurs, brossage de cheveux et astrologie, vous avez tort. Non, aujourd’hui on est pire que vous. On se raconte tout dans les moindres détails, on compare, on se montre les photos interdites, on en rit et on se confie. 

Ça transpire la non-confiance en soi. 

Ça pue la solitude. 

On est ensemble mais on se sent terriblement seule. 

 

Des messages j’en ai lu ce soir là, mon téléphone n’a jamais reçu autant de notifications mais malheureusement pas celui tant attendu. 

 

JEUDI

6:30 am: L’écran d’accueil s’allume. Et bien, le graal est bien matinal. 

 

« Trop de taff. Fatigué. Jeudi impossible. Désolé. »

 

Pire qu’un advil et un citrate de bétaine réunis, ses mots m’ont sorti de ma gueule de bois, d’un trait. La fille distante, la poupée qui sourit, la meuf qui acquiesce et celle qui dit toujours oui, sont parties et on fait place à la Frenchie. 

 

« Ok. Deux fois que t’annule. Je te plais pas. Tu ne veux plus me voir. Dis moi. » 

 

Et ouais mec, je ne suis pas l’Australienne, ni la Canadienne qui comprennent et attendent gentiment de tes nouvelles dans les trois semaines à venir. A défaut d’avoir commencé à te caresser les couilles, j’ai fini par te les casser. Moi aussi, je suis vraiment désolée. 

 

Un vague Française dans la gueule avec le goût salé de la Méditerranée. Splaaaaash! J’espère que je ne t’ai pas trop décoiffé. 

Fatigué?! T’as 32 ans, t’es en forme, t’as un corps en béton et t’es fatigué?! Sérieusement. Mais tu sais quoi?! Va dormir. Et ne te réveilles pas trop vite surtout. En espérant que tu sortes du sommeil avant tes 60 ans sans courbatures et avec toutes tes dents. 

 

« Jamais dis ça. Envie de te voir. Penses ce que tu veux. Qu’importe. Allez, prend soin de toi. »

 

Étonnement la barrière de la langue ne m’a cette fois-ci pas arrêté. Bien, au contraire. T’as ta planche de surf avec toi?! Car celle-là non plus tu ne l’as pas vu venir. Accroche toi, mec. 

 

«  Deux semaines qu’on s’est pas vu. Simple un texto. Sois honnête. Tout le monde bosse. Mais qu’importe. » 

 

Plus de distance. Ni de mots gentils. Mais de l’excès. Oh OUI. Saupoudrée à la sauce Saunier. La guerre est déclarée. On ne se connait pas mais on se permet déjà ses comportements là. La tendresse des gestes contre la dureté des mots. De la jouissance aux remontrances. 

 

La conversation s’est fini sur ma vérité qui malgré tout les efforts pour l’éviter, à finalement réussi par éclater. Ces mots qui sont interdits, bannis. Deux verbes innocents qui font peur et effraient la gente masculine en quête de plaisir et de liberté: Plaire et penser. 

GAME OVER. Comme Jon Snow, je ne sais pas mentir. Trop d’honnêteté. Cela me perdra oui je sais, je deviendrai cette femme là vivant seule avec ces chats. On m’avait prévenue. Andréa, ne t’enflamme pas. Laisse-le te chasser. 

Et comme à chaque fois, je me rends compte que malgré tout les précieux conseils, je ne serais jamais une autre que moi. 

 

VENDREDI

Epilogue. 

 

Je ne veux pas attendre, ni patienter. 

Je ne veux pas être raisonnable et bien élevée

Je ne veux pas d’un homme fatigué, ni blasé. 

Je ne veux pas de la demie-mesure, ni de la demi-molle. 

Je ne veux pas d’une histoire perdue dans une simple banalité

 

Je veux de la passion à perdre la raison

Je veux de la folie même passé minuit. 

Je veux des mots tendres et des coups à la porte. 

Je veux des pensées interdites et des gestes délicats

Je veux une histoire aussi exceptionnelle que l'est notre attraction

 

... je  veux  de  l'amour  et  ça  ce  n'est  pas  une  option.