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Story # 25 : Le jour où j'ai décidé de tout arrêter. 

Ecrit avec amour et humour le 24.10.2017

Je crevais d’envie qu’ils me

mettent

la frange à l’envers mais

c’est encore une fois

mon petit coeur tout mou,

qui a pris les coups.

C’était drôle et amusant de parler « d’études sociales » lorsque je tentais de justifier mon comportement à mon entourage.

Pfff…...Non mais je t’en foutrais moi, de l’étude sociale! Mais pour qui elle se prend, celle-là?! 

 

Dater plusieurs hommes n’a jamais été une solution. Du plaisir oui, mais non définitivement pas la réponse à mes questions. Je pensais me remplir de tous ces moments avec eux mais je ne me suis jamais sentie aussi vide de toute ma vie. Aussi vide qu’une coquille. Pauvre petite fille vide. 

Je ne les blâme pas, c’est tout de ma faute à moi.

 

Matcher pour matcher. Dater pour dater. Séduire pour séduire. Et finir corps contre corps. Ces dernières semaines, ces hommes-là ont joué le rôle du miroir. Le jeu du reflet. Et ils m’ont renvoyé cette image que je fuis depuis que je devenue expatriée: Celle de ma propre solitude. Se sentir profondément seule même dans leurs bras musclés et tatoués. Le reflet d’une solitude intérieure que j’aime cacher avec mon rouge à lèvres bien dessiné, mes robes colorées et mon accent Franglais imparfait. Trop facile de dissimuler, comme celui de simuler d'ailleurs. 

 

Pour être totalement honnête avec vous, avant chaque rendez-vous je ne rêvais que d’une chose:  Qu’ils brisent cette surface, cette image de moi et passent de l’autre côté. Casse le miroir et traverse, viens me retrouver. Me rencontrer. 

 

WAIT.

Attends deux minutes… mais à qui tu parles?! Aux hommes que tu rencontres sur des applications de fast dating?!

Non, mais Andréa… Enfin, sois sérieuse. Ils sont aussi seuls et perdus que toi. Allongés sur le lit t'entourant de leurs bras, ce que tu attends d'eux n'arrivera pas. L’accès fermé ne s’ouvrira probablement jamais. 

 

Comme elle aime me le répéter souvent: "Ne cherche pas des poires sur un pommier". 

 

- Est-ce que je me suis servie d’eux pour me sentir encore plus seule?

- M’autodétruire?!

- M’arracher le coeur?!

- Me faire perdre la tête?! 

Ils me revoient ma propre solitude c’est vrai, mais je décèle aussi la leur derrière leurs corps travaillés et leurs regards de séducteurs désabusés. Et ça me bouleverse. Tellement. On ne rencontre que des gens qui nous ressemblent. Je me sentais terriblement seule, je n’ai donc rencontré que des hommes qui me l’ont fait ressentir encore plus. D'une LOGIQUE IMPLACABLE. 

 

TOUT le monde date TOUT le monde et TOUT le temps. Et malgré cela, nous nous sentons TOUS de en plus en plus SEULS.

- C’est quoi cette génération?! Qu’est-ce qu’on cherche? Le toujours plus? Le toujours mieux?

 

On s’en fout s'il ne me rappelle pas, le suivant lui le fera.  

Mais sérieusement, qu’est-ce qu’il m’a pris? Qu’est-ce que je voulais encore prouver au Monde entier? Non, pire: Qu’est-ce que je voulais prouver à moi-même ? Que je pouvais moi aussi enchainer les dates et jouer à Carrie Bradshaw avec un Cosmo ? T’as tout faux. Riches d’expériences mais pauvre de tout. De sentiments. De coeur. Pauvre de moi. 

 

ALLEZ vas-y... 

 

Tombe  amoureux. 

Aime - moi. 

Mais  aime - moi  aussi  et  surtout  nous  deux. 

Nous  deux. 

Prends  une  double  dose  s’il  te  plaît. 

De  l’amour  pour  deux. 

 

... AIME-MOI éperdument. 

"Non, désolé mais là Andréa, j'ai d'autres plans sans toi." 

 

Alors tu sais quoi?! NEXT. Je suis passé au suivant. Et puis, l’autre d’après. Et comme ça, je n’ai fais qu’enchainer sans prendre le temps vraiment de les regarder, ni de les rencontrer. On est d’accord, le manque d’amour de soi empoisonne toute relation ou dans mon cas, des débuts de relation.

Oui bon ok…. On va dire des prémices de débuts de relation. Et c’est là, la vraie question que j’aurai dû me poser: 

 

Pourquoi attendre que l’autre m’aime pour enfin arriver à m’aimer moi même? 

 

Car c’est ça que je peinais à chercher à travers eux. L’amour de moi. Ne pas les aimer eux pour ce qu'ils sont mais m'aimer moi car ils m'aiment. C’est du NON-SENS. Illogique. Sens inverse. Fait demi-tour et remet toi sur la route. Droite, main sur le volant et arrête les impasses et autres contresens, bordel. 

 

Ces dernières semaines je n’ai eu de cesse de donner le pouvoir à ces hommes sur mes désirs, ma sexualité, mes envies. Donner le pouvoir à des inconnus, en voilà une idée bien saugrenue?!

M’adapter. Acquiescer. Se sentir désirée car mon téléphone vient de vibrer. Me sentir belle car il m’a regardé. Se perdre dans le regard de l’autre. Et s’oublier. 

 

Suis-je vraiment devenue cette fille qui cherche l’amour ailleurs en évitant de le trouver à l’intérieur? Ces différentes relations avec eux n’ont pas duré, ce serait trop facile de tous les blâmer?! Et puis, nos amies sont là, elles pour s’en charger. Et nous réconforter. 

Pauvre petite Andréa…

NON. Trop facile. Trop simple. Je ne vais pas te pleurer, ni te consoler. Regarde toi.

Vas-y REGARDE-TOI. 

 

AIME TOI et ON T’AIMERA.

Et bien, tu vois, c’est aussi simple que ça. N'attends pas de l'autre ce que tu peux t'apporter toi-même. L'autre n'est qu'un moyen, tu en es la finalité. Le fait de ne pas aimer la personne que l’on est, nous rend incapable d’aimer. On en veut toujours plus. On devient cette fille exigeante pour deux sous. On demande automatiquement à l'autre ce qu'on ne peut s'offrir soi même. 

Tristesse et solitude à la clé. Merci, l'addition s'il vous plait. 

 

Avec ce raisonnement hostile, je me suis donc me dirigé automatiquement vers des hommes qui l’était eux aussi, incapable de se laisser aller à aimer. Et bien, ça devait être sympa ces petites soirées… Et sinon niveau souffrance, on se place sur quelle échelle ?! Je me suis vécue comme un simple objet de désir et les ai traité comme l’objet de mon propre plaisir.

 

A ce jeu dangereux, je n’ai eu accès qu’à la surface, à la première couche. La première strate. Le corps. Pour le coeur et la connexion spirituelle, on repassera. Ou pas. Non, on textera pas…. De toute façon, il ne répondra pas. 

STOP aux commentaires internes. 

…. Bon, c’est bon tu as finis ?! Tu arrêtes ce système désuet définitivement rouillé et dépassé?!  

 

Commence par être bienveillante envers toi même. 

Accepte tes émotions. 

Développe de la compassion pour la femme que tu es. 

Arrête la souffrance, préfère lui l’abondance. 

L’idée n'est pas d'être parfaite, mais d'être parfaitement soi-même. 

 

Comme ils le disent si bien ici: « Si vous parvenez à avoir envers vous-même cette sorte d’honnêteté, de douceur et de bonté, et à rester clair face à vous, ce sentiment de bienveillance peut s’étendre aux autres sans obstacles. »

Enchainer les rencontres ne m’a pas permis de me trouver, mais tout arrêter m’a permis de savoir quelle femme j’étais. J’ai passé deux mois à chercher avec eux, la réponse à une question que je connaissais déjà: Celle de ne pas attendre d’être aimé pour m’aimer moi-même. L’amour ne vient pas d’ailleurs. Il ne vient pas de Richard, James, Thomas, Daniel ou Marc, non. 

L’amour, il vient de MOI. 

 

Car au fond, tu sais quoi? On est TOUS digne d’être aimé pour qui l'on est.