© 2016  ANDREA SAUNIER. All rights reserved

Story # 1 : Le jour où j'ai décidé de partir vivre à l'étranger. 

Ecrit avec amour et humour le 25.08.2016

Je me souviens,

c'était un jour de semaine

en Décembre. 

A l'heure du déjeuner exactement. A l'époque, je travaillais sur une Série TV. J'ai pris mon portable pour regarder l'heure et je vois un message sur mon répondeur de la propriétaire de mon appartement à Paris. Étonnée, je m'assois et commence à manger ma salade, le téléphone collé à l'oreille. 

 

"Bonjour Andréa, je te laisse ce message car j'aimerai que tu me rappelles lorsque tu auras du temps. C'est à propos de l'appartement. Nous avons décidé de le vendre. Tu as six mois pour quitter les lieux, nous aimerions le récupérer au mois de juin pour y faire des travaux."

 

".............."

Je ne sais pas si tu as déjà eu cette impression, c'est comme si le sol tombait sous tes pieds. En l'espace d'un quart de seconde, tout s'écroule autour de toi. 

Le vide  i-n-t-e-r-c-i-d-é-r-a-l. 

 

J'ai d'un coup cette vision de moi seule avec mes cartons, sous la pluie perdue dans une rue sombre de Paris. Les larmes me montent mais l'idée de pleurer au milieu de la cantine sur l'épaule du machino assis à coté de moi me stoppe direct. 

A chaque problème, ses solutions. 

Oui, c'est sûr mais bon comme si cela ne faisait pas assez mal, tu repenses à l'appartement parfait que tu dois quitter. Un joli deux pièces dans le 20ème arrondissement pour le prix d'un studio en banlieue. Le bon plan auquel tu t'accroches depuis 5 ans en remerciant tout les jours le ciel de l'avoir trouvé. 

Tellement de souvenirs dans cet appart: Les soirées DVD entres ami(e)s, la couleur blanche, turquoise puis taupe du mur de mon entrée, les moments cocon sous la couette par temps de pluie, les différents aménagements de mon salon (à chaque fois, on me disait "Mais tu as encore changé?!"), les nuits accompagnées et les lendemains difficiles, les apéros improvisés sur la terrasse les soirs d'été... Tout ça c'est derrière moi, maintenant. 

 

Depuis quelques temps, Paris et moi on est dans une relation compliquée. Cela fait 9 mois que je ne vis plus chez moi car je travaille sur Nice. Et je peux te dire que la Vie Parisienne te manque surtout quand tu vis sur la Côte d'Azur... mais j'y ai survécu. 

 

Toute la journée, j'ai des centaines de questions qui se bousculées dans ma tête:

Mais pourquoi ça arrive maintenant? Où je vais aller? Qu'est ce que je vais faire? Est ce que j'en profites pour quitter Paris définitivement? Pour ALLER OÙ? AAAAAAAaaaaaaaaaa.......!!!!!!!!!!

 

Un coup de fil et tu remets tout en question. Pas du tout excessive. 

La question, c'est ça: Oui mais pour aller où?! Paris c'est la seule ville en France qui me fasse rêver. J'y suis montée à 17 ans, toute fraîche et amoureuse et avec le temps, je ne me suis jamais vu vivre ailleurs. J'imaginais la vie avec des enfants, mariée à la Mairie du 20ème arrondissement, la vie à 40 ans...

Et Lyon? Toulouse? Lille? Montpellier? Marseille? NON. 

C'est Paris ou rien.

Et un nouvel appart?! Je ne suis pas prête à partir à la recherche d'un nouvel appartement. C'est à chaque fois l'apocalypse! Rien que d'y penser, j'ai des boutons qui me poussent sur le front. Quelle mission! Surtout avec le statut d'intermittent, c'est un peu "Voyage au bout de l'enfer". J'ai pas envie de me retrouver dans un placard miteux avec les WC sur le palier surtout après avoir vécu dans mon désormais "ancien chez moi".... Non, je pense que je ne suis définitivement pas prête à m'embarquer une nouvelle fois là dedans. 

 

Et puis, après plusieurs jours, je me suis calmée et j'ai repris peu à peu mes esprits. Je me suis dis simplement que maintenant, j'avais le choix. Avec le boulot que je fais, j'ai toujours eu le choix de travailler où je voulais et quand je le voulais. N'ayant maintenant plus de toit, j'ai encore plus le choix: je suis LIBRE.

Entièrement libre. 

A l'heure où la plupart de mes amies ont déjà acheté une maison avec leurs mecs, attendent leurs premiers enfant où préparent leurs mariage pour l'année prochaine, je me sens... Comment dire?! Pas en retard, non. Tout simplement en décalage. 

Et  si  j'en  profitais  pour  partir ?!

Partir loin, de l'autre coté du globe? Il n'y a plus rien qui me retient ici. Je suis une célibataire de 29 ans avec trois cartons sous le bras et pas de nouveau tournage à l'horizon.

 

Ce serait le bon moment pour vivre une nouvelle aventure mais cette fois-ci à l'étranger, non? Finalement, plus les semaines passaient, plus je prenais ce message comme un signe, un coup de pouce du destin. Si je n'avais pas reçu ce coup de fil, je n'aurai jamais pris la décision de partir. 

 

Il y a des moments dans la vie où tu te demandes pourquoi ça t'arrive et puis avec le temps, tu te rends compte que ça ne pouvait pas se faire autrement.