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Story # 27 : Le jour où j'ai su que l'aventure ne faisait que commencer. 

Ecrit avec amour et humour le 10.01.2018

Finalement en y réfléchissant la seule personne que je date depuis plus d’un an et demi, c’est elle

Oui, je parle de toi ma beauté. Vancouver, ville de mon coeur. 

 

Ma plus longue relation depuis une très longue hibernation. 

 

Disons-le, entre nous cela a tout de suite été un sacré COUP.

Coup de massue.

Coup de  foudre.

Coup de folie.

Comme une évidence.

Dès l'instant où j'ai posé mes pieds, tu m'as ouvert tes bras.

Comment ne pas succomber à cela?! Toi et moi c'est une vraie synchronicité. Pas de hasard de destination, ni de calendrier. Nos chemins se sont croisés pour ne plus se quitter. 

 

Un an et demi.

17 mois. 

Et comme à chaque fois, j'ai désiré sans aucune résistance à aimer. Dans chaque relation amoureuse, on commence à s'attacher, puis on se laisse imaginer, on espère secrètement, on envisage main dans la main, on créer ensemble, on planifie demain, quelques fois on se sépare et puis plus rien. Je n'ai pas dérogé à la règle de mes histoires d'amour passées, dès le début, j'y ai cru. Oui, tellement fort que j’ai réussi à me convaincre qu’il n’y avait rien d’autre. Rien de mieux. Rien de plus beau. Rien de plus parfait. 

 

On peut tous se tromper. 

 

... Mais pourquoi je parle de Vancouver comme d'une relation?! C'est vrai, c'est bizarre Andy, non?! 

 

Car comme avec les différents hommes de ma vie, j'ai été séduite par ta beauté particulière et ta douceur de vivre.

Car comme avec eux, j'ai vite compris qu'ensemble nous formerions un couple dangereusement passionné. 

Car comme avec lui, j'ai aimé me perdre dans tes bras pour pouvoir me retrouver, moi. 

 

Aujourd'hui face à la pluie, je ressens ce goût doux amer d'une séparation. Et je n'ai jamais aimé la marmelade. Ou pire le café non sucré de Tim Hortons. Une rupture. Il est peut-être un peu dur de parler de rupture, mais l’intensité est la même. Je n’ai pas de larmes à sécher mais les six prochains mois à organiser. 

 

Vancouver, tu es une ville puissante, jamais épuisée, jamais rassasiée, désormais c'est moi qui en ai assez. Tu as fait partie de ma vie, mais tu n'es pas toute ma vie. Deux ans, c'est long mais c'est peu. Comme Gainsbourg le dit si bien: Je suis venue te dire que je m'en vais. Finalement, ma belle, je ne vais pas rester. 

 

On s'était fait une promesse, c'est vrai. Toi et moi, c’était trop parfait... Mais alors, que s'est-il passé?!

J'ai voyagé et tu as exigé.

J'ai vu et tu n'as pas voulu.

J'ai désiré et NON, tu ne m'as pas permis de rester. 

 

Aujourd’hui, tu me demandes une chose que je suis incapable de te donner: Ma liberté.

Incapable d'y renoncer. 

Comme avec lui, tu me demandes de changer. De devenir cette autre, celle qui est à ton image. Me ranger dans une case. Et ne plus être en phase. Je t’aime tellement si tu savais... ne fais pas comme les précédents: Ne me demande pas cela, s’il te plaît. Ne fait pas cette erreur de le demander pour ensuite, l’exiger. 

J’aime inconditionnellement mais pas sous conditions. 

 

Je ne peux devenir une femme que je ne suis pas. 

Etre une femme autre que moi, voici la condition que tu me demandes pour rester. Rester avec toi, rester dans tes bras. Tu me demandes de quitter cette liberté de travailler à mon rythme. Perdre ce statut d’indépendant. Renoncer à cette légèreté de créer selon mes envies et inspirations. Oublier ce que j’ai réussi à mettre en place en moins d’un an. Mettre de côté l’intermittente qui ne cesse d’exister. Casser ce que j’ai réussi à construire: Mon job. Celui qui me nourrit. Celui qui m’offre un toit. Celui qui m’accompagne dans mon quotidien si imprévisible et spontané. 

 

Pourquoi tu me demandes cela?

 

Vancouver, ce que j'aime le plus chez toi, c'est la vie avec toi, la Dolce Vita au Canada. Celle que j’ai créée grâce à toi + moi. Depuis que je t’ai rencontré, une nouvelle moi est née. Celle qui s’est permise enfin de créer, sans appréhension, ni limites. Celle qui n’a peur de rien sauf de l'ennui du quotidien. 

 

Pourquoi me demander à présent d'y renoncer? 

 

Comme avec lui, tu m'as donné la force dont j'avais besoin à un moment précis de ma vie. Tu as révélé une partie de moi qui était enfouie: celle qui se donne la possibilité de vivre de ses passions avec intensité et émotions. Qu'importe le lieu ou la langue choisie, la création est en toi n'importe où que tu sois. Tu m'as prouvé jour après jour que je ne m'étais pas trompé de chemin. Tu n'étais pas seulement une destination mais une rencontre.

De celle qui change une vie. 

Une vie vécue comme cinéaste et photographe. Ce n'est que le début, j'en suis désormais convaincue.  À cela, je n'y changerai rien. Non, je ne veux pas de ton quotidien. Building, Boss, Taxes et Full Time. M'enfermer comme salariée ne me donnera qu'une envie, celle de reprendre au plus vite ma liberté. Ne me mets pas en cage, j'en mourrais. 

Tous les jours, je prends conscience que je suis une vraie addict. Addict à cette vie. Celle que j'ai choisie. Cette  liberté, qui c’est vrai, m’offre tout sauf de la sécurité. Pas de salaires fixes, de contrats réguliers, ni de congés payés. Au menu journalier, des peurs tout juste contrôlées et des repas très légers. 

 

Enfin comme avec lui, j'ai compris que la sécurité, ce n'est pas l'autre. La sécurité, c'est toi. N'attend pas qu'il te protège, la force, tu l'as en toi. Vancouver, c’est en étant auprès de toi et loin d'eux que je me suis construit. Construit ma propre sécurité. Mon propre gilet de sauvetage. Mon bagage. Celui que je suis prête désormais à poser dans une autre contrée. 

 

La seule question est: Ou vais-je cette fois-ci poser mes pieds? Il serait peut-être temps de réviser ma géographie car oui, il n'existe pas que le Canada dans la vie! Le Monde est grand tout comme mon désir d'aventures nouvelles et d'évasions plurielles. 

Alors OUI, je vais prendre mon temps, essayer de ne pas le perdre mais avant tout, vivre l'art de vivre à contretemps. 

 

 

 

Vancouver, tu te souviens, on s’était fait une promesse? Ne jamais se quitter. À présent je te le dis jamais, jamais tu ne quitteras la femme que je suis car grâce à toi j'accepte désormais  la grande aventure d'être moi.