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Week # 8 : Une semaine dans mon lit, le théâtre de la vie. 

Ecrit avec amour et humour le 15.05.2018

Comme le dit si bien Jack Kerouac,

 

tout est

en désordre. 

Les cheveux.

Le lit.

Les mots.

Le coeur.

La vie. 

Il ne croyait pas si bien dire notre cher Jacky ! Un semaine dans mon lit, de rencontres en insomnies, de caresses controlées en nouvelles mal accueillies. Sept jours et sept nuits où le désordre fut tout aussi intense que les émotions ressenties. Qu’est-il arrivé pour je sois allongée sur mon matelas dans cet état-là ?  

 

Elle  a  pris  ma  tête  et  lui, mon  coeur  en  otage. 

 

Ce serait-ce l’administration Canadienne qui m’a donné cette migraine tenace ? A t-il été un antidote efficace ? Ou sa chaleur m’a fait moi-même bouillir à n’en plus tenir ? Entre elle et lui, j’ai passé littéralement plusieurs jours non-stop dans mon lit à coup de chaud et froid.

Pleurs et émoi. Plaisir et larmes. Silence et vacarme. 

 

VENDREDI

«  Dis moi un secret que tu n’as jamais révélé à personne. » 

 

Il y a des personnes que tu rencontres et qui comme ça l’air de rien, t’apaise. A leur côté, tu comprends tout.

Ils ont ce pouvoir, cette force insoupçonnée. Lui, j’étais loin, très loin de me douter de ces capacités. Son corps est un chef d’oeuvre et sa vie, un livre qui n’attend qu’à être écrit. Comment cet Australien est-il déjà arrivé dans ma vie ? 

 

Il fut un temps où je passais des heures entières sur Tinder comme une véritable tigresse en manque de tendresse mais aussi - je ne vais pas vous mentir - en mode vengeresse. On ne se refait pas, on a tous des périodes un peu comme ça. Les températures étaient encore fraiches mais lui et moi, avions déjà des discussions intenses doublée d'une dose de spiritualité. Comme quoi, sur ce genre de réseau, on peut y faire n’importe quoi mais on ne rencontre pas n’importe qui. 

J’avais très envie de passer de la virtualité à la réalité. 

Bon, ok je dois dire la vérité... J’étais comme à chaque fois très stressée même à coup de talons pailletés et rouge à lèvres bien dessiné. Je lui donne rendez-vous dans une brasserie sur Main, histoire de jouer la fille branchée, qui connait des spots secrets de locaux sympas et toujours très bien fréquentés. Il est arrivé avec 20 minutes de retard. Wait, WHAT ?! Pourtant, je le sais: 

 

«  En cas de doute, arriver simplement en retard. »  C’est Garance Doré qui le dit, j’ai vraiment rien appris !

 

Ils sont laidback c’est vrai, ils ont ce - je ne sais quoi d’extrement cool -  qui les rend totalement irrésistible. Et même si j’avais la ferme intention de lui faire payer - et ouais la femme Française a elle aussi ce je ne sais quoi d’extrement piquant - ce moment d’attente peu désiré, quand je l’ai vu, je me suis transformé en petit chaton dépourvu. 

Plus envie de piquer, non laisse-moi te caresser. 

Il est ce mélange de masculin - féminin assumé, cachant une vraie sensibilité derrière son regard bleu azuré et un look hipster décontracté branché. Mais c’est qui ce gars-là ?!

A ses cotés, je n’avais plus envie de séduire, ni de cacher mon mauvais Anglais. Il m’a donné envie d’être moi même, toute la soirée. Ne plus rien prouver, se dévoiler, se laisser enfin aller. 

 

Pas un mais deux. Non mais qu’est ce que je racontes, trois. Trois bars plus tard, il était c’est vrai déjà tard. Si je n’aimais pas être avec toi, j’aurai trouver un moyen de m’échapper, tu sais. 

 

Je n’avais aucune envie de m’échapper. Ni de me détacher de lui. Simplement envie de l’écouter me raconter ses histoires, allonger à ses côtés dans mon lit. Plus qu’un date. C’est la rencontre d’un être que j’ai faite ce soir-là. Alors, il est 4h du matin, t’as une idée…. on fait quoi ?! 

 

 

SAMEDI

«  Pourquoi tu as mis tant de temps à m’embrasser ? »  

 

Assise sur mon lit, je le regarde stressée, il est 4:30 du matin, je commence sérieusement à piquer du nez. Le samedi a déjà commencé mais non, nous ne nous sommes toujours pas embrassé.

 

Comme une adolescente, je l’ai invité dans mon château enchanté, toute émue, désemparée. Je le désire mais je n’ose pas. Je sens la chaleur monter en moi. Serait-ce les effets de l’alcool bu et digéré ou juste de le voir assis, timide contre mes oreillers ?! Nos conversations nous on tenu éveillés jusqu’à apercevoir les premiers rayons du soleil oranger. Face à lui, mes genoux contre ses jambes étendues, nous nous sommes dévoilés, de plus en plus rapprochés pour finir enfin, collés. 

 

Parle moi de toi. C’est quoi ton projet, dis moi. Et ta vie, comment tu l’as perçois ? Réussir, tu penses que c’est ça ? Arriver à être heureux est un chemin en soi. Se trouver soi même, j’aspire à cela. Être libre, rien n’est plus important pour moi. 

" Tu n’es pas comme les Parisiennes que j’ai rencontré auparavant. Je ressens ce que tu dis et cela faisait longtemps que je n’avais pas eu ce sentiment. Tu sais, de mon coté tu es loin de l’image que j’avais de l’Australien chevelu phobique de l’attachement. Tu es un homme de valeurs qui traduisent une belle générosité de coeur."

A tes cotés, je me sens libre d’être moi même sans artifice, quel délice ! J’aime être MOI avec TOI.  

 

En parlant avec lui cette nuit, j’ai réalisé qu'il était le résultat de la somme des hommes rencontrés depuis mon installation au Canada. Sans eux, l’aurai-je rencontré ?! Non, je ne crois pas. Il est l’addition de tout ces hommes là. 

Eux = Lui. 

Lui + moi = Ça donne quoi comme résultat ?! Une nuit blanche où les secrets et les mots les plus délicats n’ont pas enlevé la puissance de nos ébats. 

 

 

DIMANCHE 

« What did you do to me ?! » 

 

Mes draps sentent encore son odeur et nos souvenirs hantent mon esprit. Des souvenirs à deux. Souvenirs de jeu dangereux. Allongé seule dans mon lit, mon corps ne se refroidit pas malgré les douches glacées et le torchon sur mon front, mouillé. Pourtant, il n’est plus là entourant ses bras autour de moi. Tu sais quoi ? Tu me manques déjà. 

 

M’aurait-il donné la fièvre ?! Celle ardente qui ne quitte plus mon corps comme l’image de lui contre le mien, toute la nuit. 

 

Je dois vous l’avouer, ces moments avec lui m’ont donné assez d’énergie pour traverser Vancouver à vélo et m’étendre comme une sirène sur la plage ensoleillée. Mais quelle putain de mauvaise idée…. ! Le coup de soleil reçu a été aussi fort que le coup de coeur ressentit pour cet homme-là. Ça arrive doucement, spontanément mais c’est aussi fort que tout ce que j’ai pu vivre auparavant. 

Une insolation plus que de raison. 

 

Serais-je en train de payer cette nuit blanche ou cet après-midi sous 35 degrés ? Mon lit est le théâtre de mes pensées les plus intimes déviant étrangement vers l’absurde et la reverie. Comme le soleil, il a pris possession de mon corps et mon esprit. 

 

 

LUNDI

« The BC PNP does not currently have a self-employed category. » 

 

Aucune envie de me lever. Encore plus pour parler de mon cas à une conseillère en immigration qualifiée. J’ai passé mon weekend à rêver, je ne suis pas prête à me confronter à la réalité. 

Je passe mon tour, désolée. Demain, sera un jour plus approprié. 

 

La chaleur de mon corps marque les draps blanc de mon lit, sévices d’une nuit d’insomnie. Je coupe mes mails mais pas la musique qui me berce comme un nourrisson en manque de sommeil et d’attention. «  Andréa Saunier n’est pas disponible, un coup de coeur additionné d’un coup de soleil, c’est trop pour elle. Ne vous en faites pas, elle en ressortira toute nouvelle. »

 

Mes yeux se ferment, le temps défile tout comme les voitures entendues en bas de ma rue. On est un lundi après-midi, la vie continue. Une journée perdue recroquevillée au milieu de dizaines de verres citron-miel bu, de livres lus et de films Hollywoodiens vu.

L’inactivité de cette journée me rend tout autant coupable que ce pot de glace dévoré avec Jessica, jeudi dernier. Allez ouvre tes mails, tu te dois te travailler.

Petite nature, lazy Saunier. 

Ça fait deux jours que tu ne bosses pas, honte à toi. C'est qu'un petit rhume. Allez, bouge et lève toi. Du travail t'attend, ne fais pas comme si tu ne le savais pas !

 

L’application s’ouvre, sans réel motivation ni excitation. Aucune urgence lue parmi eux mais un mail reçu qui était lui, très attendu. Une agent en immigration à qui j’avais écris avec désespoir, l’assommant de quelques questions sur ma situation. La seule qui pouvait encore m'aider, j'étais prête à le parier ! Sa réponse n’a pas été aussi détaillée que je ne l’espérais. Au fil de la lecture, ma tête surchauffe, mon corps s’impatiente et mes espoirs s’en vont.

Adieu immigration. Adieu Canada, toi et moi ça s’arrête là. Je perds la bataille mais aussi la guerre, c’est la Word War dans ma tête. Fini la fête. 

 

Comme tous, elle m'écrit que NON, immigrer et rester non-salarié, c’est une solution in-envisagée. L’espoir d’une vie ici s’en va et ma fièvre, elle revient comme une vraie déesse enchanteresse. Mes espoirs s’effondrent tout comme mon corps dans mon lit, remplissant mes yeux de larmes, laissant ma tête tourner dans un sacré vacarme.

 

MARDI

« Votre situation est loin d’être simple, Mademoiselle Saunier. Il n’existe pas de solutions à votre cas. » 

 

J’ai trouvé la force de me réveiller et me confronter enfin à la réalité. Tu as assez rêvé pour le mois, lève-toi ! Ces deux rendez-vous ce jour-là allait briser cette malédiction qui sévit depuis une année. 

 

Deux conseillers qui allait me sauver moi, pauvre expatriée désorientée. S’il vous plait, aider moi, s’il vous plait. A peine assise dans leurs bureaux mal décorés, ma tête était prête à exploser. Je n’avais pas besoin de cela - mon état était déjà assez fébrile comme ça - mais ma situation devait s’éclaircir, elle au plus vite. 

 

Il est vrai que depuis Janvier, je ne fais que répéter ces mots et ce passé professionnel à longueur de journée : Intermittente - Film Industry - 10 ans - Assistante réalisateur - Contrat de 3 mois maximum - Arrivée il y a 15 mois - Vidéographe - Indépendante - Depuis Janvier, ils ne font que me répéter ces mots et ces solutions à longueur de rendez vous : Gouvernement du Canada - Employée dans une entreprise - Full Time - Emploi qualité - Être sponsorisée - Trouver un contrat d’embauche - Appliquer pour un job - Travailler dans une compagnie pendant un an. 

 

Une conversation en sens unique. Je n’avais pas envie de leurs solutions, ils n’avaient eux non plus, pas de vraies réponses à mes interrogations. 

A peine sorti de leur immeuble triste et gris, la seule question que je me suis posée c’est celle ci : Ai-je tout fait mal ? Qu’est ce qui se passe avec ma Vie ? Je n’ai en rien réussi. Mais quelle looseuse, je suis ! Je me plais à croire que ma vie est celle que j’ai choisie mais cette fois-ci, mon choix de rester ne m’est pas accordé. Qu’est ce que j’ai loupé ? 

La marche

Le coche

L’opportunité

Ma différence, mon indépendance n’est plus une force, mais une vrai putain de faiblesse.

 

Je regarde ces montages enneigées baignés par cette journée plus qu’ensoleillée, assise dans le bus bondé de vielles asiatiques et autre mamans hystériques. Je veux crier que je les déteste tous, que je hais le Canada et eux aussi. Que leurs Pays est loin d’être parfait et non, ils n’arriveraient pas à me formater. Vous ne voulez que de gens qui se plient à vos règles pourries. 

Dois-je leur ressembler pour avoir l’autorisation de rester ? Me fondre dans le moule. Baigner dans la masse. Oublier qui je suis. Prétendre être une autre et aimer cette vie, de sacrifices, de compromis et d’ennui. 

 

SANS moi, tant pis.

Seule dans mon lit, de désespoir, j’ai plongé. Crié. Pleuré. Hurlé. Et beaucoup transpiré. 

 

 

MERCREDI

« Why are you wake up at 3am ?  » 

 

Ah oui à ce que je vois, on est deux à ne pas lâcher prise sur nos vies. Lui était inquiet à propos de sa famille en Australie et moi, rempli de milliards de doutes face à ma vie. 

Deux angoissés, vous avez dit ?! C’est pas très sexy. Je l’aurai bien invité dans mon lit, être déprimée allongé en cuillère contre lui, ça donne un peu plus envie. Rendors toi, soi en forme, demain, j’ai des projets pour toi. 

 

J’ai lavé mes draps et soigné ma gorge, pas encore vraiment en état. Mon lit était prêt pour le show de ce soir. Comme à son habitude, il fut en retard. Mais quel bata…. ! Le voir a fait grimper instantanément la température que je m’étais donné tant de mal à faire redescendre. Q’importe, désormais on est ensemble. 

Comme un simple date, nous sommes allé au restaurant et bu un cocktail avec de la vodka dedans. Mais nous n’avons fait bien plus que discuter, nous sommes parlé.  

Un vrai complicité s’est installée. 

 

Pourquoi partir loin des siens ? Pour me retrouver. Savoir qui tu es. Connaitre mes envies. Écouter mes désirs. Il est important de s’écouter soi, tu ne crois pas ? Être loin d’eux pour me trouver, moi. Et toi ? Tu te vois où dans 10 ans ? Qu’est ce que tu veux construire ? Me construire moi. Peut être une famille. Et puis pourquoi pas ce projet aussi. Écrire des histoires. Filmer la vie. Dans quel Pays tu aimerais vivre ? N’importe, je veux du soleil. Sentir ma peau caramel. Qu’est ce que tu as fuis ? Toi aussi tu as souvent des envie d’en finir avec la vie ? Ne pas être en accord avec la société d’aujourd’hui. Qu’est ce qui se passe en toi, pour être comme ça ? Pour être cet homme-là ? Qu’est ce que tu lis ? C’est quoi ta philosophie ? Non, je ne connais pas Eckart Tolle. Ok, j’irai voir je te remercie. Combien de temps tu restes au Canada ? 18 mois. Moi, je ne sais pas. Ils ne veulent pas d’indépendant comme moi. C’est dépendant de ma volonté. Cette ville me fait un tel effet.  Et toi aussi, tu sais ? Il serait peut être temps de s’en aller ? 

 

Mon lit nous a accueilli mais nous avons que très peu dormi. Serait-je en train de m’adapter au rythme de son Pays ?! Le soleil se lève, ma tête, elle enfin s’apaise.  

Cette nuit était bien plus excitante que les jours derniers. C’est vrai, vos nuits sont devenus nos jours désormais. Nos moments d’insomnie sont un mélange de rires, de moqueries culturelles, de confidences, de caresses sensuelles et autres plaisirs charnels. 

Tu me guéris... dis moi, c'est quoi ta magie ? 

 

 

JEUDI 

« Time going so fast in this bedroom. » 

 

Se réveiller et l’observer. Le regarder dormir. Admirer ses tatouages. Essayez de découvrir qui il est. Deviner son passé. Parcourir son corps de mes doigts aimantés. Toucher ses lèvres et les embrasser. Ne pas rire de ses sourcils trop chargés. Écouter son souffle apaisé. 

Tu peux arrêter d’être cette fille un peu trop romantique, s’il te plait ?! 

 

Dans cet univers connu, au milieu des mes souvenirs encadrés, fringues colorés et autres objets chinés, cet inconnu dors et il m’est impossible de ne pas me laisser imaginer. 

Imaginer ce que serait la vie avec lui en Australie. 

Imaginer ce que serait la vie avec lui parcourant le Monde. 

Imaginer ce que serait la vie avec lui, le photographiant lui et nos enfants. 

Imaginer ce que serait la vie avec lui aujourd'hui, notre futur, demain. 

 

Imaginer  ce  que  serait  la  vie  sans  avoir  croisé  son  chemin. 

 

Nous avons passé tout un jeudi dans le lit. Liberté, vous avez dit ?!  Oui, mon matelas est devenu une prison doré, notre lieux de vie. Je n’arriverai pas à me détacher de lui, il ne pouvait lui non plus, s’éloigner trop loin de moi. Mais que nous arrive t-il, je ne comprends pas ?! Des heures à rire de son accent Ozzie et du mien, so Frenchie. On a bu de l’eau de coco mais finit le paquet de chips au barbecue, aussi. On a dormi nu, les cheveux en bataille, nos vêtements eux en boule, tout étalés autour du lit. 

 

Ça puait la transpiration mais sentait tout autant l’attraction. Je ne me suis jamais sentie aussi désirée qu’avec lui. Belle et différente. Forte et indépendante. Comme cette impression d’être Bardot, allongée sur son corps tatoué, tout en rondeur, sans pudeur mais avec une infinie douceur. Oui, je sais je suis la plus jolie du Monde entier. Que m’as tu fais ?!  Le temps n’avait pas d’emprise sur ces instants de vie. 

Pour une fois, à lâcher prise, lui et moi nous avons réussi. 

 

 

VENDREDI 

« Don’t go ! » 

 

Il n’est pas parti à 6h du matin comme il l’avait prévu mais à 12h. Je l’avais pourtant prévenu que c’est assez dur de sortir de mon lit. Des mes bras aussi.

On s’est rien promis, à quoi bon?! Lui et moi faisons confiance en la vie. Si l’on doit partager d’autres moments, on saura se retrouver. Et puis, nos instants à deux m’ont donné assez de force et d’espoir, je dois l’avouer. J’ai tellement aimé être à ses côtés que les autres tout autour ne m’interesse plus désormais. Il a apprivoisé la tigresse en moi, mais il sort d'où cet homme-là ?!

 

Sa  liberté  m’a  rappelé  la  mienne, celle  de  mes  débuts  dans  cette  ville, cette  fureur  de  vivre  coûte  que  coûte  sans  peur, juste  en  écoutant  mon  coeur. 

 

Avec lui, j’ai très peu dormi, réveillant une partie de moi tombée dans l’oubli. Celle qui désire vivre d’aventures, d'expériences nouvelles, celle qui s'écoute afin de faire taire la sédentaire. Il serait peut être temps de prendre une nouvelle fois la route à la rencontre de soi. 

C'est au moment où nous sommes connectés avec soi que nous connectons avec les autres, n’est ce pas ? 

 

Auprès de lui, j’ai compris que malgré tout mes efforts pour rentrer dans le rang, je ne peux être une autre que moi, désolée les enfants. J’ai essayé de travailler dans un café, j’ai envoyé mon CV. 

Mais non, ce n’est pas ma destinée. 

 

Tout ces conseillers rencontrés m’ont tour à tour, donné cette impression d’échec. Assise dans leurs bureaux, je me suis sentie comme une lycéenne n’ayant pas réussi ses examens de fin d’année. « Désolée Mademoiselle Saunier, vous avez tout raté. Il est temps de s’en aller. »

A leurs yeux, je suis une qu’une Française expatriée qui n’a pas fait les choses dans l’ordre. Une trentenaire biberonnée à la réussite et à la facilité. Une utopique à la dérive. Une femme qui veut tout, et bien plus encore. Ai-je tort ? 

Je n’ai pas réussi à créer un profil sur le compte du Gouvernement Canadien. Je ne fais pas partie du bassin des candidats, honte à moi. 

Mon profil a été retiré. Serait ce cela ma destinée, ne pas être qu’un simple numéro, est-ce pour cela qu’ils m’ont jeté hors de l’eau ? 

 

Rencontrer cet homme au moment où ma situation en immigration n’a pas d’issue a été vécue comme une synchronicité. Un message de l’univers me guidant sur le chemin de ma vraie destinée. 

Celle d’être moi. Réussir à être moi, sans filtres, concession, compromis, parti pris. 

 

La réussite, ce n’est pas auprès d’eux que je vais l'acquérir mais bel et bien, en moi. Où que j’ailles, elle ne s’en ira pas. Que ce soit ici ou là. Au Danemark, en Australie ou au Nicaragua.Il n’y a que cela qui compte désormais. Je pose les armes et me décide enfin à faire la paix.

Avec eux, les lois, la vie, le Canada. Faire la paix enfin, avec moi. 

 

Alors OUI,  je me suis enfin levée en décidant d’avancer.... Pas à pas, mes valises de projets sous le bras. Connais-tu déjà la destination ?

Ah oui non, c’est vrai, telle est aujourd’hui la réelle question.